Mr l'observateur
25.01.2009
| Rasolo André: « Un mouvement préparé depuis des mois » 24-01-2009 / 07:51 Depuis son retour au pays, le sociologue (politique) a repris le pas sur le diplomate qu'il était à Moscou. Interview. |
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| - Midi: Comment voyez-vous le mouvement d'Ambohijatovo ? - Rasolo André: « La vitesse de ce mouvement dirigé par le maire de Tana ne m'étonne pas. Nous sommes en face d'un mouvement préparé depuis des mois. A partir de l'élection communale de décembre 2007, la capitale a tourné le dos à son idole préféré de 2002. Dans plusieurs villes des provinces, la rupture a même commencé bien avant 2007. C'est donc un mouvement en profondeur, mais ignoré ou sous-estimé par le pouvoir ». - Midi: Les intellectuels donnent l'impression d'observer le silence - R. A. : « Nos intellectuels durant cette période ont fait ce qu'ils ont pu. Ils vivent une situation difficile parce qu'ils s'interrogent sans cesse sans pouvoir poser les questions cruciales aux intéressés. L'absence de leur analyse a laissé le champ libre à n'importe quoi ». - Midi: Après 72, 91 et 2002, la rue pointe de nouveau son nez - R. A. : « Là où les jeux démocratiques sont bloqués: interdiction à ceux qui pensent autrement de parler à la télé et radio nationales, interdiction aux partis d'opposition d'organiser des meetings, fermeture de radios privées ou émissions appréciées par le public, en bloquant le jeu démocratique, le pouvoir pousse les citoyens dans la rue. Dans un pays démocratique, les mouvements de rue se limitent à des expressions de contestation. Dans un pays non démocratique, un mouvement de rue peut déstabiliser un régime ». - Midi: Comment voyez-vous l'issue de ce mouvement ? - R. A. : « Si le pouvoir ne gère pas cette réalité comme il faut, le mouvement va s'amplifier et s'orienter dans des directions très complexes pour le régime ». - Midi: Avez-vous un message à transmettre ? - R. A. : « Désormais, il nous faut asseoir la République sur des bases solides en vue de garantir la liberté d'expression, la liberté d'entreprendre, la neutralité et la stabilité de nos institutions. Il nous faut un code électoral clair, simple, juste, qui permette à tous les acteurs électoraux d'agir sur le même pied d'égalité et respecter scrupuleusement le verdict des urnes. Il nous faut passer aux actes dans la lutte contre la pauvreté et la distribution équitable des produits de la croissance. Il nous faut bâtir une société unie, mettant en valeur nos cultures, nos richesses et nos différences. Méditons sur les 50 années passées de l'Indépendance de Madagascar et tirons les leçons pour un avenir meilleur ». Propos recueillis par R. O |
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