MERCI PAPA! COURAGE PAPA!
13.12.2008
RASOLO André
« Un pouvoir fort a besoin d'une opposition forte »
Ancien SG du ministère de l'Economie et du Plan; ancien ministre des Transports; ancien SG du SECES; fondateur du CNOE; animateur des mouvements de la société civile, le Premier Conseiller à l'Ambassade malgache à Moscou a définitivement quitté son poste et a regagné le pays depuis un mois et demi. Interview de Rasolo André qui ne renie pas son passé et reste attaché aux valeurs qu'il a défendues, tout en ayant un regard neuf avec le recul qu'il a eu.
- Midi: Vous avez dit que le Président Ravalomanana symbolise la réussite, qu'il a l'art de durer et de ne pas faire du surplace
- Rasolo André: « Oui, il a énormément d'expériences et de qualités. Mais comme tout visionnaire, il a des excès de comportement. Vous savez, on n'attend pas de quelqu'un qu'il soit parfait pour développer son pays. A mon avis, le Président peut faire beaucoup pour Madagascar si toutefois ses collaborateurs arrivent à le conseiller de ne pas s'exprimer d'une manière excessive ».
- Midi : Votre lecture du dialogue présidentiel marqué par le refus de l'opposition et les critiques du CONECS
- R. A. : « Quand je revois le grand élan national qui a soufflé dans tout Madagascar en 2002 et constate le déroulement récent du dialogue présidentiel, je dis que quelque chose a changé entre le Président et ses meilleurs amis. Cela doit faire mal d'un côté comme de l'autre. C'est un problème délicat qu'on ne peut uniquement résoudre à coup de décret ».
- Midi: Vous êtes bien placé pour parler du projet de loi sur les partis
R. A. : « Un pouvoir fort a besoin d'une opposition forte. L'initiative du Président de faire une loi sur les partis et leur financement est une grande première. S'il n'y a pas de recette pour faire une bonne loi, la démarche de son élaboration est essentielle. Une bonne loi est jugée sur ses résultats: mieux faire refléter et fonctionner les forces politiques en présence en vue d' assurer une alternance au pouvoir, sans violence ».
- Midi : Au dialogue présidentiel, l'Union Européenne a mis le bémol
- R. A. : « Ne vous étonnez pas si les bailleurs de fonds réagissent à leur manière. Les organisations financières internationales qui nous prêtent de l'argent ont l'obligation d'être exigeantes au sujet de la qualité et la moralité de nos dirigeants sur la transparence de gestion et des marchés publics. La bonne gouvernance n'accorde aucune concession aux super puissants de voler l'Etat. Cela fonctionne ainsi dans un système qui ne doit pas confondre les intérêts privés et l'intérêt public ».
Propos recueillis par R. O


